Devrait-on aller vers un régime plus végétal ?

Le changement du monde passera probablement par nos assiettes. Aller vers une alimentation plus végétale pourrait bien avoir des effets très positifs !

cuillères

Les premiers pas quand on essaie de réduire notre impact sur terre sont généralement de consommer bio, plus local, de saison, réduire notre consommation d’eau, d’électricité, prendre les transports en commun… Il y a pourtant un pas important qu’on a facilement tendance à mettre de côté tant il est ancré dans notre culture française ; celui de notre consommation de viande.

Pourtant depuis son industrialisation massive, les impacts de sa consommation sur notre belle planète sont désastreux. Nous avions déjà vu dans le dossier du numéro 5 de Greenouille « L’océan c’est la vie ! Comment le protéger ? », que consommer moins de viande et de produits laitiers était le premier changement que nous devions opérer pour espérer retrouver le subtil équilibre qui maintient la vie sur terre.

Certains l’ont bien compris et optent pour des régimes alimentaires non carnés, en voici quelques uns : les végétariens ne mangent pas de viande, les végétaliens proscrivent la viande et tout ce qui provient de l’animal comme le lait, les œufs… Les végans, eux, ont la même base alimentaire que les végétaliens, ils excluent en plus tout produit ou matière issus de l’exploitation animale comme le miel, la laine, la soie, le cuir, et même certains loisirs.

Je reviendrai plus tard sur les motivations de ceux qui les pratiquent (sans même parler de la condition animale) et quels impacts positifs pourraient bien en découler…

Un constat peu glorieux

Les coulisses de la viande jusqu’à ce qu’elle arrive dans nos plats sont plutôt inquiétantes. En effet, un rapport de la FAO1 en 2006 (Livestock’s long shadow) révèle l’envers du décor. Selon ce rapport, l’élevage serait l’une des plus grandes causes du réchauffement de la planète, de la dégradation des terres, de la pollution de l’atmosphère et des eaux, de la perte de biodiversité et de la consommation d’eau. Voici quelques points :

– Environ 18 % des rejets de gaz à effet de serre seraient liés à l’élevage, soit plus que les transports tout confondu (voitures, avions, trains…). Il serait également la plus grande source de polluants de l’eau (antibiotiques, hormones, engrais, pesticides…).

– 15 500 litres d’eau sont nécessaires pour un seul kilo de viande de bœuf ce qui équivaudrait donc à… 110 bains dans une baignoire contenant environ 140 litres2 ! Dans l’alimentaire, l’élevage de bœufs se situe donc en tête dans l’utilisation d’eau virtuelle, juste avant le fromage qui en nécessite 5000 par kg (soit l’équivalent de 36 baignoires).

L’élevage représenterait plus de 8 % de la consommation mondiale de l’eau.

– 75 % des terres agricoles sont utilisées pour produire de la viande. Alors qu’environ 95 % des protéines sont perdues lorsqu’on consomme un produit animal comparativement à ce qui était présent dans les plantes ayant servi à nourrir les animaux3…

– 91 % de la surface détruite de la forêt amazonienne sont pour la production de soja OGM destinée à la consommation du bétail. Pour l’anecdote, les humains consomment seulement 4 % du soja dans le monde, ce n’est donc pas le tofu qui est responsable de ces dégâts comme on peut l’entendre parfois4. 😉

Le bonheur est dans un régime végétal

L’un des régimes les plus engagés pour éviter tout cela est bien le véganisme. Sur Nîmes, j’ai rencontré Véronique Perrot5, membre de Association Végétarienne de France et membre du Comité Diététique de l’association, afin de lui demander quels bienfaits peut-on tirer de ce type de résolution pour notre vie et notre environnement.

« Ça m’a réveillé de la transe sur tous les mythes nutritionnels, m’affirme-t-elle. J’ai réglé certains de mes problèmes de santé en changeant d’alimentation, notamment mon diabète de type 2. Imaginons l’économie au niveau de la santé sans le diabète ! 80 % de nos problèmes pourraient être réglés juste par l’alimentation. »

En effet, selon l’OMS, la consommation excessive de viande rouge aggrave les risques de diabète et de maladie cardio-vasculaire6. « Toutes les vitamines et les minéraux se trouvent dans les plantes, on les recycle à travers les animaux herbivores que l’on consomme… Autant aller directement aux végétaux ! » m’assure Véronique.

Pour aller plus loin, on pourrait se demander si nous, humains, sommes fait pour manger de la viande. D’après Véronique et selon une étude du Dr Milton Mills, spécialiste en médecine préventive, nous aurions une anatomie d’herbivore avec une dentition plate, large et peu tranchante ; une mâchoire qui fait des mouvements de bas en haut mais aussi de gauche à droite pour la mastication ; un estomac long pour permettre l’assimilation des végétaux ; et des ongles plats (et non acérés)7. Donc une morphologie parfaitement adaptée à l’assimilation de légumes, fruits, graines, noix, céréales…

D’autre part, pour Véronique, devenir végan est une philosophie extrêmement positive. « La base du changement de société commence par l’assiette » selon elle. Partant de là, elle est convaincue qu’un monde plus en paix doit passer par ce régime. Ne plus côtoyer la mort au quotidien dans son assiette améliorerait les rapports humains. D’ailleurs dans sa vision globale de la non-violence, Gandhi prônait également le végétarisme (voire même végétalisme). Il déclara « que l’on reconnaît la grandeur d’une nation à la manière dont elle traite ses animaux. »

Un autre point et pas des moindres, un régime végétarien permettrait de résoudre la faim dans le monde. Selon Véronique, 40 000 enfants meurent chaque jour pendant que les privilégiés des pays riches mangent les animaux nourris aux céréales qui pourraient nourrir ces enfants. 775 millions de tonnes de céréales comestibles pour l’homme sont (consacrés? se sont les millions ou les tonnes de céréales?) chaque année à nourrir le bétail pour la viande alors qu’elles pourraient nourrir directement les peuples qui le produisent8.

Pour notre coach végane, ce changement alimentaire a vraiment été une découverte de saveurs… « Je suis tombée amoureuse de la cuisine, m’affirme-t-elle. J’ai découvert un autre panel que celui de la viande, des pâtes, des pommes de terre… Une abondance incroyable : des épices, des herbes, des céréales, des légumes que je ne cuisinais jamais ! » Selon elle, « en une seule année les choses ont bien bougé à Nîmes avec l’ouverture de Kiwi qui propose un rayon végan, du restaurant Les petites poissons verts… Et même certains restos commencent doucement à proposer des plats végétariens ! »

Le petit plus !

Chaque jour, une personne qui mange un régime végétalien économise 4164 litres d’eau, 20 kilos de céréales, 2,78 mètres carrés de terres boisées, 9 kilos équivalent de CO2, et la vie d’un animal9.

Virginie Mazet

1 – Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture – www.fao.org

2 – www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/latlasdelaviande.pdf

3 – www.lesceptique.ca

4 – www.terraeco.net

5 – Coach en santé holistique avec l’Institute of Integrative Nutrition (New York) et certifiée de la T. Campbell Foundation en nutrition végétalienne complète (Université de Cornell

6 – www.who.int

7 – www.vegetarisme.fr

8 – Entretien avec Matthieu Ricard, Alternatives Végétariennes N°122

9 – www.waterfootprint.org

Pour aller plus loin :
Documentaire Cowspiracy, et #Datagueule55

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