Ça bouge aussi chez les jeunes

Au lycée Philippe Lamour et au CFA de Marguerittes, les étudiants se mobilisent et portent des projets à dimension écologique.

Le Fil vert

En février, une lycéenne de Philippe Lamour m’a contactée car sa classe menait un projet pour « réduire l’impact naturel de l’établissement tout en essayant d’améliorer la vie des élèves ». Agréablement surprise, j’ai accepté de faire cet article. Ces 4 petits bouts de femmes m’ont scotchée : les écolos ne sont pas que des bobos de plus de 30 ans !

philippe_lamourLe projet annuel de la 2d10 devait mettre en lien toutes les matières autour de 2 axes : améliorer le futur et leur lycée. Les idées ont fusé : potager collectif, récupérateur d’eau, maison écologique, magazine écologique, mur et toit végétal… le tout dans l’enceinte du lycée bien sûr. Le choix s’est porté sur les projets participatifs et concrets, dans le respect des possibilités de leur jeune âge. J’ai été impressionnée par l’énergie de Cécile et ses copines, enthousiastes et ancrées, conscientes des difficultés à communiquer lors des présentations aux autres classes « si on a touché quelques élèves, c’est déjà une victoire ! ».

En janvier, 3 bacs sont mis en place pour planter légumes de saison et bio si possible. Jusque là, salades, carottes, radis, fraises ont égayé la cour d’école. Les élèves sont aidés par le jardinier, l’eau est économisée grâce au récupérateur que le lycée a financé. Quelques semaines plus tard, l’une d’elle rencontre un apiculteur au marché de Beaucaire. Du haut de ses 15 ans, elle lui demande s’il pourrait ramener des ruches dans son lycée. En mai, Julien Belin en installe 10 sur les toits de l’établissement et partage ses connaissances avec les adolescents. La classe, en option audiovisuel a mis en image cette aventure dans leur court métrage « Le Fil Vert ». Le jury du concours Alimenterre 2016 leur a décerné le premier prix. (https://vimeo.com/164996003)

Moins de carburant pour Ben Hur

Voilà plus de 20 ans que les apprentis du CFA de Marguerittes réinventent un véhicule prototype devant parcourir le plus de km avec le moins de carburant possible. C’est en 93 que Richard Trille et d’autres enseignants décident de participer à des éco-marathons. La course à l’énergie démarre. Le premier modèle est baptisé YAKKA pour témoigner de l’engouement de l’équipe « y’avait qu’à utiliser un kayak ! » me dit Richard en riant. Tout est refait chaque année (sauf la carrosserie en carbone offerte par les pompiers depuis quelques années), en récupérant et adaptant lit d’hôpital, porte manteau, cache de cercueil, rosas de plafonnier et autres objets insolites. En 95, l’engin est baptisé le Ben Hur, moteur à l’avant et pilote à l’arrière. Une année, le pilote est même déguisé en légionnaire romain, clin d’œil à notre histoire gardoise. C’est l’année du prix du public au Shell éco-marathon, parmi plus de 250 participants.

ben_hurL’équipe se compose généralement d’une dizaine d’apprentis entre 17 et 25 ans, qui mènent ce projet sur leur temps libre.

Ils recherchent avant tout à accomplir un projet de A à Z, privilégiant le design et l’aventure. Ils calculent l’aérodynamique mais utilisent surtout leur instinct. Ils vont jusqu’à tester de mini-maquettes collées sur leur capot de voiture et observent la résistance sur l’autoroute par exemple. Leur meilleur résultat, 800 km avec 1L d’eau de vie, leur a valu quelques minutes au 20h de Claire Chazal. La sélection des courses n’est pas simple, entre respect des règles, mémoire et dossier, mais ils ont toujours été sélectionnés parmi les 1000 inscrits. « Nos jeunes sont valorisés, on est un petit CFA quand les autres participants sont majoritairement des écoles d’ingénieurs » explique Richard, qui a créé l’association Ben Hur Concept pour les accompagner maintenant qu’il n’enseigne plus. Longue vie à elle !

Julie Claverie

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